Time after time

T
Nicholas Meyer

Time after time

Comédie – États-Unis (1979)

Londres, 1893. Alors que l'Éventreur fait une nouvelle victime dans les rues, le futur romancier H.G. Wells réunit ses amis chez lui pour leur faire part d'une grande nouvelle. Après l'arrivée tardive du dernier d'entre-eux, le chirurgien Stevenson, Wells présente une extraordinaire machine à voyager dans le temps qu'il a mise au point mais dont il n'ose, encore, se servir. L'arrivée de la police précipite les événements. Le Dr Stevenson se révèle être Jack the Ripper mais il s'échappe en utilisant la machine de Wells. Celui-ci n'a d'autre solution que de partir à sa recherche pour l'empêcher de nuire. Il se retrouve en 1979.

En tordant quelque peu le cou à la vérité historique (Jack the Ripper avait cessé sa sinistre activité en 1888), Meyer organise cette agréable fantaisie criminelle, course-poursuite mettant aux prises un homme de savoir et de livres plutôt naïf (Malcom McDowell qui venait de tourner l'épouvantable Caligula de Guccione) et un redoutable prédateur (David Warner) qui se retrouvent dans une ville (San Francisco) et une époque inconnues d'eux.

Ne s'encombrant surtout pas des paradoxes temporels liés à l'usage d'une telle machine (et avec lesquels jouera abondamment la trilogie Back to the future) Time after time repose essentiellement sur les problèmes d'adaptation de H.G. Wells à ce nouvel environnement. Bien que l'ayant précédé de seulement deux heures à San Francisco, le Dr Stevenson n'a, lui, éprouvé aucune difficulté. Comme il le dit si bien à Wells lors de leur première empoignade américaine, ce monde de violence et de destruction est fait pour lui et c'est avec la certitude d'une totale impunité qu'il recommence à tuer. Le contraste avec l'écrivain, guindé, dévoré par les considérations morales qui seules à son sens lui permettent de se différencier du tueur, est passionnant.

Wells, que le film dépeint comme un utopiste naïf et qui n'est physiquement et mentalement pas capable de vaincre son ancien ami va mettre plus de temps à se faire à la réalité, ce qui permet de créer une multitude de situations cocasses. Surtout, il va le faire de façon plus profonde, plus intelligente, aidé en cela par la jeune et jolie Amy Robbins, séduite par le côté différent et décalé de Wells et qui l'initiera aux subtilités du XXème siècle. Time after time est rythmé, drôle et se termine sur un suspense beaucoup plus grave, où la vraie nature de Stevenson sera confrontée à l'intelligence – avivée par l'amour – de Wells. Un bon divertissement.

Chroniqué par Philippe Cottet le 19/01/2009



Illustration :Malcom McDowell et Mary Steenburgen

Musique écoutée durant l'élaboration de cette note : Das Lied von der Erde de Gustav Mahler, Nan Merriman, Ernst Haefliger et Eugen Jochum dirigeant le Concergebouw d'Amsterdam (DG 1983)

Titre français : C'était demain

Studio : Warner Bros
Réalisation : Nicholas Meyer

Scénario : Nicholas Meyer d'après Karl Alexander & Steves Hayes

Avec : Malcom McDowell (H.G. Wells), David Warner (Jack/Dr Stevenson), Mary Steenburgen (Amy Robbins)

Durée : 1h52mn
Couleur