Varg Veum - Falne Engler

V
Morten Tyldum

Varg Veum - Falne Engler

Crime, policier, thriller – France (2008)

Une jeune fille est retrouvée par sa mère, pendue et toute de blanc vêtue... De retour de Pologne, le détective privé Varg Veum croise, à l'aéroport de Bergen, Rebecca, la femme de son meilleur ami, Jacob. Ce dernier, qui fait partie d'un groupe musical à succès, demande à Varg d'enquêter sur le fidélité de Rebecca. Quelque temps plus tard, Varg la retrouve morte, vêtue de blanc et pendue elle aussi...

Après la profonde déception de Varg Veum - Bitre blomster, je ne m'attendais pas à des miracles s'agissant de l'adaptation du plus beau et du plus complexe des romans de Staalesen pour l'instant traduit en France : Anges déchus. Revu de fond en comble pour les besoins de la cause, il ne reste pratiquement plus rien de ce chef-d'œuvre, à l'exception du thème de la vengeance – considérablement dénaturé quand même – et de l'arrière-plan groupe de musiciens.

Disparus donc les souvenirs de gamin de Varg, sa passion inavouée pour Rebecca, la perte des repères de tous ces gens, la violence ordinaire, le crime contre l'enfance et les sublimes anges déchus qu'étaient Ruth et Sissel, broyées par la jalousie maladive et l'irresponsabilité de ces adultes qui voulaient tout vivre sans en payer le prix. Disparu le questionnement moral, la place du religieux, la condamnation du matérialisme. Place à un quelconque tueur en série, vengeur et déjà vu, habillant de blanc virginal ses victimes pour justifier au moins le titre.

Je ne défends pas systématiquement le respect de l'œuvre initiale lorsqu'il s'agit d'une adaptation. La rupture, la vision différente que pourrait me donner le cinéaste et son scénariste est au contraire l'un des attraits de l'exercice. Mais, ici, nous restons dans le domaine du produit télévisé ordinaire, filmé sans grande originalité, avec une prévisibilité ennuyeuse. Anges déchus est un livre profondément douloureux à la lecture, on ne peut pas en sortir indemne. Peut-être pour cette raison, tout ici a été écrété, affadi, normalisé pour ne pas déranger le spectateur moyen dans ses habitudes de consommation.

Celui-ci applaudira sans doute aux exploits de ce Varg Veum - après tout Trond Espen Seim en est une sympathique incarnation - tout comme ceux qui n'ont jamais lu le grandissime Léo Malet applaudissent au Nestor Burma france-télévisionesque. Et puis, un clou chassera l'autre, aussi vite oublié, parce que ignominieusement banal.

Au contraire de son double papier, humain de Bergen, Norvège...

Voir la chronique que je consacre au roman Anges déchus

Chroniqué par Philippe Cottet le 02/09/2008



Illustration tirée du film : Trond Espen Seim et Pia Tjelta

Musique écoutée pendant l'écriture de cette chronique : Un pot-pourri de Judy Garland : The trolley song, The Atchison, Topeka and the Santa Fe, For me and my Gal, I got rythm, The Boy next door, etc.

Titre français : inédit en France

Production : Film Fund FUZZ
Réalisation : Morten Tyldum

Adaptation : Thomas Moldestad d'après le roman de Gunnar Staalesen

Avec : Trond Espen Seim (Varg Veum) - Bjørn Floberg (Hamre) - Pia Tjelta (Rebecca) - Per Kjerstad Andersen (Jacob)

Durée : 1h40mn
Couleur
DVD norvégien sous-titré anglais