Wáng dè shèng yàn

W
Lu Chuan

Wáng dè shèng yàn

Drame historique – Chine (2012)

Durant la période intermédiaire entre les dynasties Qin et Han (cca 210 avant notre ère), deux anciens alliés s'affrontent pour le contrôle du pays.

Avertissement : Les lecteurs de cette chronique me pardonneront, je l'espère, le recours fréquent à des notes de bas de page qui renseignent sur le très complexe – pour un Occidental – environnement historique de ce film, afin de mieux comprendre son interdiction par le régime chinois, alors que Wáng Dè Shèng Yàn devait représenter la R.P.C. au Festival de Cannes 2012 (on ne peut le trouver qu'en DVD version Hong Kong sous-titrée en anglais et dans les endroits habituels).

La longue, difficile et tumultueuse histoire de la Chine a de tout temps nourri la création artistique ou l'imaginaire populaire, recyclant des figures emblématiques d'hommes et femmes droits ou fourbes, lâches, généreux, traîtres, amoureux idéaux en autant d'allégories auxquelles tous pouvaient rapidement faire référence [1].

Les évènements auxquels s'intéressent Lu Chuan dans Wáng Dè Shèng Yàn 王的盛宴 (Le Banquet royal) sont familiers du public chinois, moins évidemment de nous [2], même si le très beau film de Chen Kaige Adieu ma concubine évoque en toile de fond le destin de l'un des protagonistes [3].

Le roi de Qin avait mis fin à trois siècles de guerres féodales, période connue comme celle des Royaumes combattants et était devenu, pour la postérité, le Premier Empereur en 221 avant notre ère. Qin Shi Huangdi et ses héritiers ne régnèrent que 15 ans, durée pendant laquelle les bases de l'empire furent jetées (organisation territoriale, uniformisation des poids, mesures, monnaie, écriture, etc.), mais les cruautés, excès, brimades, corvées, destructions culturelles rendirent cette dynastie tyrannique tellement impopulaire que la révolte gagna le pays. C'est ici que prend place ce récit, dans cet interrègne sauvage et violent où anciens nobles matés par Qin comme hommes du peuple s'allièrent pour mettre à bas la première lignée impériale.

Quelques points de repère...

Contrairement aux autres films historiques chinois qui offrent une large place aux scènes de batailles, mouvement de foule et épisodes guerriers [4], Lu Chuan fait de Wáng Dè Shèng Yàn un quasi-huis clos, dans lequel domine la palette de couleurs sombres et étouffantes des intérieurs du palais impérial où le nouveau souverain, halluciné, tourmenté par les conditions de sa prise de pouvoir et impuissant à organiser sa succession, se souvient. Construit sur des flashbacks nombreux et non chronologiques, l'œuvre s'intéresse à l'orgueil, la trahison, la cruauté et cette transformation des êtres induite par la proximité du pouvoir ou par son exercice.

On pense aux pièces historiques de Shakespeare, ou au Ran de Kurosawa, même si Lu Chuan n'a pas la puissance visionnaire de ce dernier. Il réalise cependant et dans un premier temps une excellente restitution, très respectueuse de ce que l'on connaît de cette période. Le principe narratif, qui lui permet de concaténer les temps – au point de laisser croire à la contemporanéité de certains événements – en augmente la force et la dimension tragique, mais peut-être également la confusion pour ceux qui ne maîtrisent pas forcément les faits.

À cette époque, l'armée du Chu [5] est la principale puissance militaire qui s'oppose à l'Empereur. D'abord conduite par Xiang Lang, un général dont le père s'était illustré lors de la période des Royaumes Combattants, elle est poursuivie, à sa mort en -208, par son neveu Xiang Yu (joué par Daniel Wu) dont la postérité retiendra tout à la fois les qualités martiales, la prestance, la noblesse d'âme, mais aussi la brutalité, l'arrogance et la faiblesse.

Tous les hommes de valeur se retrouvent rapidement à servir sous cette bannière, volontairement – c'est le cas de Han Xin (interprété par Chang Chen), brillant stratège et tacticien toutefois déconsidéré du fait de son origine modeste – ou involontairement pour Liu Bang (excellent Liu Ye) dont les forces furent absorbées lors d'une conquête territoriale.

Ce dernier était le troisième né d'une famille de paysans du comté de Pei. Joueur, bagarreur, trousseur de jupons, il obtint la charge du maintien de l'ordre dans une petite circonscription, marié à l'austère Lü Zhi, la fille d'un magistrat local. Afin d'éviter une condamnation à mort suite à une faute, il avait rejoint, avec une bande d'indésirables, le camp de la rébellion et était devenu un lieutenant parmi tant d'autres du Chu. On lui confia 5 000 hommes, avec lesquels il fit des merveilles, au point d'entrer en opposition frontale avec le commandant en chef.

L'occasion fait le larron

La narration chaotique de Wáng Dè Shèng Yàn s'organise autour du moment pivot de cette lutte. La prise de la capitale des Qin par les troupes de Liu Bang, alors que celle-ci semblait réservée de droit au généralissime [6], est fondatrice de l'ambition qui va saisir l'ancien paysan, grisé par la magnificence des palais de la ville de Xianyang, mais plus encore peut-être par l'efficacité du système impérial.

Pour l'illustrer, Lu Chuan nous propose une scène assez éclairante : une lame de bambou portant le nom de Liu est avalée par une machinerie géante et un peu mystérieuse, derrière laquelle se cachent tous les rouages de l'administration centrale. Quelques instants plus tard, le dossier complet du rebelle est régurgité par la machine, depuis les profondeurs des archives du Palais. Le rappel de cette puissance bureaucratique sera effectué dans une autre scène tardive, lorsqu'il sera question d'effacer Han Xin de la mémoire collective.

Liu Bang comprend très vite que celui qui contrôle cette information possède la réalité du pouvoir et c'est à ce moment que Lu Chuan fait naître son ambition (« On ne naît pas roi, on le devient »)[7], même si elle doit l'opposer à un homme qui détient une supériorité militaire et une sorte de légitimité contre lesquelles il n'y a pas grand-chose à tenter pour l'instant. Le Shǐjì nous dit qu'il ne pilla alors pas la capitale, faisant établir le compte précis des biens qui s'y trouvaient afin de montrer ses bonnes intentions. Ceci le rendit encore plus suspect aux yeux des conseillers de Xiang Yu [8]. Dans Wáng Dè Shèng Yàn, Lu Chuan laisse entendre qu'il s'empara justement de l'ensemble des archives impériales, tous les rouleaux de bambous découverts ensuite par le Chu étant vides [9].

Le banquet de Hongmen qui suivit la reddition du dernier empereur Qin est un évènement historique connu de tous en Chine, un peu comme chez nous l'entrevue du Drap d'Or. Au cours d'un festin tenu dans le camp du Chu et donc loin de ses lignes, Liu Bang dut rendre compte de cette prise de la capitale. Certains dans l'entourage de Xiang Yu estimaient le moment propice pour se débarrasser de l'ancien paysan, ce qui devrait être fait durant d'une danse de l'épée (seul moyen de faire pénétrer une arme dans l'enceinte).

Ce dernier entend par trois fois Liu Bang affirmer, avec aplomb, qu'il n'est pas entré dans la capitale [10], aussi ne donne-t-il pas l'ordre final d'exécuter son allié. La postérité a vu dans cette pusillanimité le vrai fond du caractère de Xiang Yu (un faible, ce que semble confirmer son attachement sentimental à la concubine Yu Ji). Lu Chuan montre au contraire un homme doté d'un grand sens moral, qui ne saisit pas l'occasion de se débarrasser d'un rival parce que l'assassinat et dans ces conditions serait indigne. Quoi qu'il en soit, c'est le tournant de la lutte entre les anciens alliés, chacun sachant à quoi s'en tenir sur l'autre.

Après le partage des dépouilles du Qin entre les vainqueurs, Lu Chuan rappelle le changement d'allégeance de Han Xin, alors affecté à des tâches subalternes dans l'armée du Chu et qui, rejoignant Liu Bang comme stratège et tacticien, va permettre à celui-ci de l'emporter. Quatre années de guerre, traitées ici de façon elliptique pour un public qui en connait sans doute les détails (par exemple la prise en otage, par le Chu, de la famille de Liu Bang), seront nécessaires à ce duo pour battre le Chu et placer l'ancien paysan à la tête de l'empire.

Message subliminal ? Censure !

Comme il l'avait fait dans son précédent film Nanjing ! Nanjing !, Lu Chuan a cherché une certaine vérité historique sous le fatras du légendaire et de la propagande, déjà de mise lors de la rédaction du Shǐjì. Surtout, il a très clairement montré le jeu des ambitions des quatre personnages principaux, soulignant leur fascination réciproque pour l'autre, l'adversaire. De cette épure émerge une situation allégorique bien plus contemporaine pour la plupart des Chinois.

Un général et un paysan qui se battent pour le contrôle du pays ? Un brillant tacticien et stratège qui passe du service du premier à celui du second et lui permet de l'emporter ? Un nouvel empereur qui fait tuer un par un ses anciens compagnons, sous prétexte de complot, par l'intermédiaire d'une épouse cruelle ne pensant qu'à sa lignée ? Des intrigues de palais ? Un appareil bureaucratique trafiquant la mémoire collective ?

Le spectateur informé n'a aucune peine à voir là l'opposition entre le fils de paysan Mao Zedong (Liu Bang) et le militaire professionnel, chef du Guomindang, Jiang Jieshi (Xiang Yu) [11], qui avait réussi à unifier le pays en 1930 sans cesser d'être combattu par les communistes avant de se replier à Taiwan en 1949. Lin Biao, formé initialement à l'Académie militaire du Guomindang (tout en appartenant au PCC) puis, après une purge, devenu petit à petit l'un des plus importants commandants de l'Armée rouge et enfin stratège politique pour asseoir le maoïsme, est le transfuge Han Xin [12]. Il est ensuite facile de voir, dans l'impératrice Lu, la dernière femme du dictateur chinois et leader de la célèbre Bande des quatre Jiang Qing qui mena, dès 1965, l'épuration contre des camarades opposés à Mao [13].

Dès lors, tous les traits de caractère qui émergent dans ce Wáng Dè Shèng Yàn peuvent être perçus comme autant de critiques implicites des figures et rôles dirigeants de Mao Zedong et du Parti à ces époques. Si l'image générale de Liu Bang donnée par le film est conforme à l'histoire, elle est évidemment moins flatteuse que celle du premier Empereur à qui Mao, dans son immense modestie, aimait être comparé.

Hagard, négligé, aux mains de l'appareil (bureaucratique/des Lettrés), paranoïaque et manipulateur quand on le voit dans son palais-mouroir, Liu fut auparavant un chef de guerre roué, menteur, traître à sa parole, détalant comme un lapin du banquet d'Hongmen, épousant ensuite en les tournant à son avantage les complots des différentes coteries de la Cour... traits qui contrastent violemment avec la noblesse et la rectitude morale – volontairement accentuées par Lu Chuan – de ses adversaires.

La place importante accordée au personnage de Han Xin, l'insertion de la longue scène d'effacement de son nom et de ses exploits de la mémoire collective, la trahison de ses proches et la mise en scène de son exécution par la faction de l'Impératrice “ au nom de Sa Majesté ” me laissent penser que le cinéaste avait parfaitement conscience du double sens qui pouvait être trouvé dans Wáng Dè Shèng Yàn. La déstructuration apparente de la narration, la mise en avant et la splendeur de la reconstitution historique s'attachant au moindre détail, ont sans doute contribué à l'effet retard de son interdiction par la censure.

Nous sommes évidemment loin d'un cinéma engagé comme, par exemple, celui de Wáng Bìng, ou d'une littérature de dénonciation sans compromission comme celle de Yan Lianke, mais Lu Chuan continue de creuser le sillon d'une œuvre personnelle intéressante. Qu'une atteinte – fondée ou non fondée et aussi minime soit-elle – à la statue du Commandeur ne soit toujours pas tolérée en dit cependant long sur l'état de crispation interne de cette société et de son appareil dirigeant.

Chroniqué par Philippe Cottet le 11/05/2013



Notes :

[1] Par exemple Cao Cao, prototype du ministre manipulateur et félon, Lü Zhi que l'on rencontre ici qui est celui de l'Impératrice cruelle et implacable, Zhuge Liang celui de l'intelligence et de l'esprit, ou encore Liang et Zhu en amants éternels et inséparables.

[2] La base historique est le Shǐjì 史记, écrit entre -109 et -91 par Sima Qian qui couvre, parfois de façon romancée, l'histoire de la Chine depuis le mythique Empereur Jaune jusqu'aux Han. Les plus curieux des lecteurs du Vent Sombre iront consulter en ligne, sur Gallica, la traduction qu'en donna Édouard Chavannes au début du XXe siècle : entrée sur Kao-Tsou, notre Liu Bang ; entrée sur Hiang Yu, notre Xiang Yu ; ou le chapitre consacré aux innombrables méfaits de la terrible et cruelle impératrice Lu, ici Lü Zhi. Comme on le constatera à cette lecture du Shǐjì, le film de Lu Chuan simplifie à l'extrême évènements, situations, alliances et trahisons.

[3] Adieu ma concubine (霸王别姬 Bà Wáng Bié Jī) est une pièce de l'opéra de Pékin racontant la mort de Xiang Yu, le roi de Chu et la dernière nuit passée en compagnie de sa concubine Yu 虞姬 utilisée en argument du film de Chen Kaige (d'après le roman de Lilian Lee), Palme d'or 1993. Le fond historique de cet évènement est incertain car il se mêle étroitement aux créations culturelles auxquelles il a donné naissance. Au cours de la bataille de Gaixia (202 av. J.-C.), Han Xin aurait séquestré Yu Ji pour attirer Xiang Yu dans un traquenard. Celui-ci, par amour pour elle, aurait sacrifié le sort de la bataille et donc son destin impérial. D'autres livres évoquent au contraire le suicide de la concubine Yu, après une danse de l'épée, au cours de cette nuit où les chants de Chu s'élevaient depuis les rangs de l'armée Han, afin que l'amour que lui portait Xiang Yu ne soit pas un obstacle à son combat.

[4] Par exemple le médiocrissime Hong Men Yan de Daniel Lee (sorti en France sous le titre Le Dernier Royaume) abordait en 2011 – de façon spectaculaire, avec mouvements vertigineux de caméra et nombreux et piètres effets numériques – cette lutte entre Liu Bang et Xiang Yu. Le grand spectacle est également au rendez-vous du plus romanesque qu'historique film de John Woo Les trois royaumes, qui traite de la bataille de la Falaise Rouge à la fin de la dynastie Han (année 208 de notre ère) et le début de la période dite des Trois royaumes.

[5] Ancien royaume combattant qui occupait le bassin moyen et inférieur du Yangzi et de la Huai et avait désormais à sa tête le prince Huai. À la chute de l'empire Qin en -206, Xiang Yu morcela de nouveau le pays en 18 principautés pour récompenser et faire tenir tranquille ses chefs de guerre, dont deux émergèrent rapidement : le Chu de l'Ouest dont il était devenu le souverain hégémon et le Han, avec Liu Bang à sa tête.

[6] Pour motiver ses militaires ou peut-être déjà affaiblir leur unité, le prince Huai du Chu avait promis à celui qui s'emparerait de la capitale et du sceau impérial la suzeraineté sur le territoire des Qin. Occupé à se battre contre le gros des troupes impériales et sans doute trop confiant sur la fidélité des ses troupes, Xiang Yu avait laissé Liu Bang et sa petite armée s'emparer de la capitale, sans que le sang soit d'ailleurs versé.

[7] Lu Chuan a besoin de donner une origine humaine à cette ambition, là où Sima Qian, 2 000 ans plus tôt indiquait des signes surnaturels évocateurs du destin du futur empereur (une nuage de vapeur au-dessus de sa tête, un horoscope remplit de tigres et de dragons, etc.). Ce passage de la lame de bambou, ainsi que celui sur la disparition de Han Xin de l'histoire officielle, rappelle également les propos d'Henri Maspero sur le poids de la bureaucratie chinoise depuis l'Antiquité, qui avait constituée l'Empire du Milieu comme une société à l'usage exclusif des Lettrés.

Dans une scène un peu sulpicienne tant le paysage fait artificiel, Liu Bang parle autant de son ambition que de celle de Xiang Yu, qui évoquera plus tard réciproquement celle de son ancien lieutenant. Lu Chan insiste, me semble-t-il avec raison, sur la dimension personnelle de la rivalité, de ce désir d'être l'Autre dont il va s'agir et non de la conquête du poste d'empereur. Xing Yu dira même que l'ambition d'Han Xin, troisième larron, va être tôt ou tard d'être semblable à Liu Bang.

[8] Si cet homme de peu ne s'empare d'aucun trésor, c'est qu'il vise bien plus haut, donc à la dignité impériale.

[9] L'anecdote est rapportée dans le Zizhi Tongjian Gangmu 通鉴纲目, les grandes annales historiques compilées au onzième siècle de notre ère sous la direction de Sima Guan (ce qui ne signifie pas forcément qu'elle soit vraie). L'œuvre fut traduite par le jésuite Joseph-Anne-Marie de Moyriac de Mailla en 1730 et on peut découvrir celle-ci sur l'excellent site de documents numériques Chine ancienne.

Siao-ho, attentif aux intérêts de Lieou-pang son maître, courut au palais de Tchao-kao, & préféra aux meubles précieux & aux trésors, dont il était rempli, les papiers de ce premier ministre & les registres de l’empire, qu’il recueillit avec soin, & qui dans la suite furent de la plus grande utilité à Lieou-pang, pour l’éclairer sur les revenus & le dénombrement des provinces.

[10] Historiquement, les troupes de Liu Bang ne sont effectivement pas entrées, la reddition du dernier empereur Qin ayant eu lieu “ hors les murs ” de la capitale. Pour le spectateur, Lu Chuan a besoin de forcer le trait faisant de Liu Bang un stratège plus qu'un guerrier, qui ne se soucie guère de mentir à ses supérieurs.

[11] Que nous connaissons en France sous le nom de Tchang Kaï-chek. Fils de commerçants né en 1887, il avait suivi une formation militaire au Japon à partir de 1905. Il succéda à Sun Yat-sen, considéré comme le père de la République chinoise, à la tête du Guomindang.

[12] Militaire membre du PCC depuis 1924, protégé de Zhou Enlai, héros de la Longue Marche puis de la guerre contre l'envahisseur japonais, il est l'artisan décisif de la victoire militaire des communistes sur les nationalistes du Guomindang. Fidèle parmi les fidèles du grand Timonier, il joue un rôle central durant la Grande Révolution culturelle (il est à l'origine du célèbre Petit livre rouge) et devient le successeur désigné de Mao en 1969. Celui-ci décide cependant de purger son ancien allié et un complot rocambolesque est inventé pour justifier de son élimination dans un accident d'avion en 1971. Jiang Qing n'aura de cesse ensuite de dénoncer Lin Biao (en même temps que Confucius et, à travers eux, Zhou Enlai) jusqu'à la fin de la Bande des Quatre, après la mort de Mao en 1976.

[13] « Quand il me disait de mordre, je mordais. » reconnut celle qui s'intitula elle-même, lors de son procès, “ le chien de Mao ” (ce qui correspond trait pour trait à ce que nous voyons de l'impératrice Lu dans le film). La ressemblance va jusqu'à la rivalité de femmes. Jiang Qing détestait Wang Guangmei, l'épouse du président chinois Liu Shaoqi, parce qu'elle était intelligente et instruite (diplômée de physique atomique, elle parlait français, anglais et russe) et surtout belle et séduisante. Le sort que lui firent subir les gardes rouges (emprisonnée, torturée et traitée comme une prostituée) inspirés par Jiang Qing, est très proche de celui que l'impératrice Lu réserva à la concubine Qi.

Illustrations de cette page : Liu Bang • Xiang Yu • Découverte de la machinerie • Han Xin • L'impératrice Lu • Liu Bang avant sa mort

Titre international : The last supper

Studios : China Film Group et Emperor Motion Pictures

Réalisation et scénario : Lu Chuan

Avec : Liu Ye (Liu Bang), Daniel Wu (Xiang Yu), Chang Chen (Han Xin), Qin Lan (Lu Zhi)

Durée : 120 mn
Couleurs : couleurs