The Big Steal

T
Don Siegel

The Big Steal

Film noir – États-Unis (1949)

Un homme et une femme arrivés par bateau à Veracruz s'associent pour mener la chasse à un certain Fisk, voleur et escroc, sur les routes du Mexique. Ils sont eux-mêmes poursuivis par un capitaine de l'armée amerlocaine et surveillé par un important militaire mexicain.

Quatrième film de la prolifique carrière de Don Siegel, The Big Steal est une excellente surprise, mélange agréablement dosé de comédie, d'aventures, de romance et d'action.

jane greerPremier atout, le couple antagonique formé par Robert Mitchum et Jane Greer (déjà réunis dans le superbe Out of the Past de Tourneur en 1947). Belle et bête, chat et chien, on sait bien qu'ils finiront par s'apprivoiser et la manière de ce jeu amoureux est, ici, savoureuse : Miss Greer a énormément de peps et ses répliques sont trempées dans l'acide de la bonne éducation de son personnage, égaré au milieu de brigands. Forte et drôle, décidée et intelligente, elle ne s'en laisse pas compter par un Fisk mielleux et roublard ou un Hallaway, bourru et brut(e) de fonderie.

Mitchum joue parfaitement le jeu de ce macho dédaigneux obligé de reconnaître une par une les qualités de son involontaire compagne de route. Chiquita [1] parle plusieurs langues, elle conduit une automobile avec la dextérité d'un chauffeur de gang, elle lui tient tête et elle est ravissante. Bien entendu, il redeviendra le patron dès qu'il faudra distribuer coups de poing et torgnoles. Et rien ne dit non plus qu'une fois rentré aux États-Unis, le couple ne s'installera pas dans la routine sirupeuse de l'american way of life (où Madame se contentera alors de veiller sur le bien-être d'une famille qu'ils semblent espérer nombreuse). En attendant, tout au long de cette parenthèse dans leur vie, elle est une femme forte qu'il apprend à respecter.

L'intrigue offre moult rebondissements au rythme de ces poursuites entrecroisées à travers le Mexique. Le montage de Siegel est comme souvent sec et enlevé ce qui fait que l'on ne s'ennuie à aucun moment tant tout ceci pétille joyeusement. Seul bémol de ce Big Steal, le mépris affiché des Amerlocains pour leurs voisins Mexicains, montrés une fois encore comme une sous-humanité domestique et attardée.

Chroniqué par Philippe Cottet le 04/09/2008



Notes :

[1] Comme la nomme dédaigneusement Hallaway, plaçant ainsi au même niveau de mépris femmes et Mexicains.

Illustration de cette page : Jane Greer

Musique écoutée durant l'élaboration de cette note : 6ème symphonie et Terrains Vagues de Per Nørgård (Chandos 2006)

Titre français : Ça commence à Veracruz

Studio : RKO
Réalisation : Donald Siegel

Scénario : Gerald Drayson Adams et Daniel Mainwaring d'après Richard Wormser

Avec :
Robert Mitchum (Duke Hallaway) - Jane Greer (Joan Chiquita Graham) - Willima Bendix (Capitaine Blake) - Patric Knowles (Fisk)

Durée : 1h11mn
N&B