Soleil Rouge

S
Matthew McBride

Soleil Rouge

États-Unis (2014) – Gallmeister (2017)

Titre original : A Swollen Red Sun
Traduction de Laurent Bury

Dans le Missouri, un shérif adjoint chargé d'arrêter un trafiquant de méthamphétamine, met la main sur son argent, entraînant une foule d'événements tragiques en cascade.

Cette littérature – noire, policière – tourne en rond depuis très longtemps, ressassant inlassablement des thèmes que le cinéma et la télévision n'hésitent plus à aborder eux aussi de façon totalement décomplexée.

Soleil rouge appartient à ce groupe de romans qui cherchent dans la surenchère le moyen de se différencier. Matthew McBride y réussit sur le moment, enfin disons au deux tiers du livre, quand il commence à libérer les engrenages de la machine qu'il a patiemment mis en place. Cela s'avère un feu de paille, tant sont excessifs la nuit totalement gore que Jerry Dean Skaggs passe à l'assaut de Goat Hill et le final gnangnan de la paix retrouvée pour la gentille famille de ce flic redevenu honnête à son corps défendant.

Cela ne veut évidemment pas dire que McBride écrit mal. Il a du métier, personne ne niera qu'il sait camper avec beaucoup d'aisance sa bande de tarés ou les mille et une façons de consommer du speed qui encombrent le début de son roman. Seulement voilà, rien sous ce Soleil rouge qu'on ne connaisse déjà. Juste un crescendo d'actes violents complaisamment déballés, une trame sans réelle profondeur avec des méchants qui ne sont pas toujours ceux que l'on croit et une morale finale bien de là-bas.

Alors, sauf à n'avoir jamais lu ce type d'histoires ou à éprouver une sensation de puissance satisfaite devant la dégénérescence de l'humain que représentent tous ces ploucs, on s'ennuie plutôt ferme à la lecture de Soleil rouge.

Chroniqué par Philippe Cottet le 13/01/2017



Musique écoutée durant l'écriture de cette chronique : Before the Dawn de Kate Bush (Fish People, 2016)

Illustration : Ravages de la méthamphétamine