Jusqu'au sommet de la montagne

J
Arne Dahl

Jusqu'au sommet de la montagne

Suède (2000) – Seuil (2011)


Traduction de Rémy Cassaigne

Un supporter de foot est assassiné, un soir de match, dans un bar rempli de monde. Le bras droit d'un trafiquant yougoslave est pulvérisé sur les murs de sa cellule par une explosion mystérieuse. Cinq cadavres sont retrouvés dans une zone industrielle dans ce qui ressemble à un braquage ou à un règlement de comptes entre bandes rivales.

Jusqu'au sommet de la montagne retrouve les policiers d'élite du Groupe A, juste après le fiasco de leur dernière affaire et la débandade de leur unité.

Versés dans des unités ordinaires de la police ou dans une semi-retraite, chacun va entrer, sans le savoir, en possession d'un élément du puzzle de cette nouvelle affaire. L'enquête sur la mort du supporter qui échoit à Paul Hjelm et Kerstin Holm révèle assez rapidement que quelque chose de louche se tramait dans cette salle de bar. Quand il apparaîtra que l'explosif qui a servi à vaporiser le truand yougoslave dans la prison de Kumla – affaire dont sont chargés Arto Döderstedt et Viggo Norlander – est le même que celui utilisé dans la tuerie de la zone industrielle – confiée à Jorge Chavez –, il sera temps de sortir l'ex-commissaire Jan-Olov Hultin de sa retraite. Les cinq cadavres ayant finalement été replacés dans la salle du bar, le soir du meurtre du supporter, le groupe A se reforme alors tout naturellement.

Autour d'un grave problème de pédophilie et sur un fond raciste dont la Suède a bien du mal à se défaire – celui bête et ordinaire des témoins du meurtre initial, celui actif et meurtrier de la bande de néo-nazis menée par le Couronné –, Arne Dahl nous entraîne, non sans humour, dans une folle et sanglante course-poursuite engagée entre gendarmes et voleurs violents, voleurs violés, volé violent (et violeur ?) autour d'une mystérieuse mallette. Pour pouvoir maintenir un très bon rythme malgré tous ces rebondissements, Jusqu'au sommet de la montagne passe par pas mal de simplifications, d'approximations et de coïncidences. Dahl réussit, en partie, à couvrir celles-ci par la stature de super-flics qu'il donne à ses personnages, mais certains lecteurs n'en seront pas dupes.

Continuant de développer le caractère des policiers d'élite du groupe A, accentuant parfois leurs différences tout en insistant sur leur solidarité, Jusqu'au sommet de la montagne est efficace, distrayant mais certainement pas mémorable (en librairie le 24 février 2011).

Chroniqué par Philippe Cottet le 26/02/2011



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