Classe dangereuse

C
Patrick De Lassagne

Classe dangereuse

France (2010) – La manufacture de livres (2010)


Vie et mort d'une petite bande de rockers qui préfèrent jeûner avec les aigles que picorer avec les poulets...

vince taylorUne tranche de vie loubarde, fin des années 70, banlieue sud de Paris. Rythmée par les bastons, les embrouilles, les fêtes foraines et le rock pur et dur, celui de Gene Vincent ou de Vince Taylor, bananes, cuirs et tiags astiquées comme des miroirs. Une vie de fauche, de violence de groupe pour s'offrir ce que leur salaire de misère leur interdirait sinon. Avec pour lendemains, la glande, la mort ou la taule au bout d'une journée quelconque qui ressemblera aux autres : bagarre et rock'n'roll.

Très court roman écrit gros, pour donner à lire des existences sans intérêt, sans perspectives, aussi sinistres qu'un album de Margerin. Existences sans femmes, sans beauté, sans pensées, qui ne s'opposent à rien et ne se proposent que de satisfaire des appétits de brutalité et de prestige primitifs. J'ai eu des potes comme ça, militants politiques qui laissèrent d'un seul coup tout tomber pour faire le coup de poing dans les rues vers la Bastoche, violence immédiate contre des faibles et batailles rangées contre leurs semblables, plutôt que de se frotter sans espoir aux flics, aux fachos, aux patrons, au pouvoir. C'est cela ici, beaucoup de rien enrobé de violence et de frustration, tellement de rien que le narrateur s'en rend compte et met les adjas pour tenter autre chose.

Un public de nostalgiques trouvera dans Classe dangereuse, dans son histoire – assez mince quand même – et son argot daté, matière à souvenirs. À noter la présence, sur le site www.classedangereuse.com d'un mix des musiques évoquées dans le roman.

Chroniqué par Philippe Cottet le 17/02/2010



Illustration de cette page : Vince Taylor

Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note : Great recordings of the century : Christa Ludwig, le Philarmonia sous la direction de Klemperer, galette EMI dont je ne peux me lasser.